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Les jeux vidéo : une question d’équilibre

26 novembre 2013 - Les Explorateurs

boulo abracadabra

Votre enfant aime jouer à des jeux vidéo ? Dans la mesure où il en fait un usage modéré et encadré, il pourra en tirer des bénéfices appréciables.

Si jouer à des jeux vidéo peut avoir des conséquences négatives, sachez que cela permet aussi de développer certaines habiletés (voir Les Explorateurs de décembre 2013, page 20), dans la mesure où l’enfant en fait un usage modéré et qu’il est bien encadré. Voici un dossier sur le sujet qui, nous l’espérons, saura répondre à quelques-unes de vos préoccupations.

 

1- Dois-je limiter le temps de jeu de mon enfant ?

2- Un aménagement espace/temps gagnant !

3- Dépendance ou non ?

4- Les mauvais côtés des jeux vidéo

5- Les bons côtés des jeux vidéo

6- La violence et la réalité

7- Quand vient le temps d’acheter un jeu 

 

1- Dois-je limiter le temps de jeu de mon enfant ?

Oui. Comme pour tous les autres jeux et activités, le rôle des parents est d’aider l’enfant à développer une attitude équilibrée. Combien de temps le laisser jouer ? 30 minutes ? 45 minutes ? 60 minutes ? Il n’y a pas de durée idéale. C’est à vous de poser les limites qui vous semblent adéquates.

Ces limites sont importantes, surtout chez les 6 à 12 ans, car ils n’ont pas encore développé la capacité de s’autoréguler. De plus, à cet âge, ils se lassent moins rapidement d’un jeu… surtout s’il est très attrayant ! L’intervention des parents et l’instauration de règles (idéalement, dès l’achat du jeu ou de la console) sont donc nécessaires.

Pour être bien intégrées, les règles doivent être claires et constantes. Évitez de déroger au moindre prétexte et n’hésitez pas à imposer une sanction si votre enfant ne les respecte pas. Celui-ci a besoin de savoir où est la limite; ce cadre est même rassurant pour lui. Au fur et à mesure que votre enfant grandit, vous devez bien sûr adapter les règles.

Un bon repère : les jeux vidéo ne doivent pas être une activité prioritaire, ni empiéter sur les autres sphères de la vie ou amener l’enfant à négliger des activités prioritaires (faire ses devoirs, prendre son bain, ranger sa chambre, socialiser, etc.).

Du mal à s’arrêter ? On peut donner 10-15 minutes pour mettre fin à son jeu (imaginer devoir fermer votre livre en plein milieu d’une page). Toutefois, si l’enfant se fâche, cela devrait mettre fin immédiatement au jeu. Par ailleurs, évitez d’ajouter des minutes de jeu en guise de récompense.


2- Un aménagement espace/temps gagnant !

• Installer l’ordinateur ou la console dans une pièce commune de la maison.

• Déterminez un temps de jeu avec votre enfant (par exemple, 30 minutes avant le souper).

• Évitez les écrans dans la soirée, car ils peuvent nuire à l’endormissement et au sommeil.

• Éteignez complétement l’appareil plutôt que de le laisser en mode veille. Cela évite les demandes du style : « Juste cinq minutes ! »

• Intéressez-vous aux jeux de votre enfant. Félicitez ses bons coups. Vous ne serez pas alors uniquement le trouble-fête qui met fin à son jeu.

• Jouer avec lui à l’occasion. Vous serez à même de constater les intérêts de votre enfant et de l’encadrer au besoin. Plus encore, c’est une façon agréable de partager de bons moments ensemble et de soutenir la relation parent-enfant.

• Parlez ensemble de l’histoire et des éléments du jeu (par exemple, les aspects irréalistes, exagérés, trop violents ou sexistes)

• Ne faites pas porter un casque d’écoute à votre enfant. Même si le casque coupe le son provenant du jeu, il isole l’enfant de l’environnement.


3- Dépendance ou non ?

La dépendance est un état bien spécifique : la personne ne peut tout simplement plus arrêter de faire quelque chose même si elle le souhaite. En ce sens, un enfant de 6-10 ans ne devient pas accro aux jeux vidéo, mais il est vrai que leur pouvoir d’attraction est important. Et comme ils permettent de s’extirper du quotidien momentanément, ils sont un refuge bien utile quand il y a  de la houle dans la vie de l’enfant.

De façon générale, les spécialistes affirment que le véritable problème n’est pas tant le vif intérêt que leur portent les enfants mais « l’utilisation excessive qui nuit aux autres zones d’activité ».  Les jeux ne doivent pas empiéter sur le temps normalement accordé à l’école, à l’activité physique, à la socialisation, à l’alimentation et au sommeil. Ils ne doivent pas non plus amener un enfant à mentir ou à se cacher pour jouer.

Sachez aussi que pour la plupart des enfants, une fois passé l’attrait de la nouveauté, le jeu vidéo ne devient en général qu’un jeu parmi tant d’autres.

Donnez l’exemple ! Comment exiger d’un enfant de modérer son comportement si on est soi-même toujours collé à son potable ou à sa tablette ?


4- Les mauvais côtés des jeux vidéo

La console peut devenir un refuge pour un enfant qui traverse un moment difficile. Attention donc à la fuite ou à l’isolement.

En plus d’être une activité passive, certains jeux peuvent rendre l’enfant momentanément agressif, jusqu’à 20-30 minutes après la fin du jeu. Il faut alors trouver une façon permettant à l’enfant de retrouver son calme : jouer dehors ou au parc, promener le chien, etc. Les activités physiques et motrices sont à privilégier, car elles canalisent l’agressivité de l’enfant.

Des profils qui appellent à la vigilance :• L’enfant qui s’ennuie à l’école et qui cherche des défis ailleurs.• L’enfant qui est peu à l’aise socialement.• L’enfant qui manque d’encadrement.• L’enfant qui n’a pas d’autres intérêts.• L’enfant qui a vécu un choc (déménagement, intimidation, etc.).

 


5- Les bons côtés des jeux vidéo

Utilisés avec discernement, les jeux vidéo ont des atouts qui soutiennent le développement.

• Améliorent la coordination.

• Développent la rapidité d’exécution.

• Exercent la mémoire et la capacité à résoudre des problèmes.

• Développent le sens de la collaboration (jeux de groupe).

• Stimulent la spatialité en 3D.

• Favorisent un apprentissage par essais et erreurs.

• Incitent à la persévérance.

• Contribuent à la socialisation et à la convivialité entre joueurs/copains.


6- La violence et la réalité

Plusieurs jeux (sports, aventures, etc.) ne comportent pas de violence, du moins pas de violence gratuite ou explicite (cadavres, membres coupés, etc.). Ces jeux sont à privilégier. Si l’enfant est exposé à des images violentes, il est utile de recadrer le tout pour l’amener à départager la fiction et la réalité. C’est aussi l’occasion de lui faire saisir l’aspect moral d’une situation (sans lui faire la morale!). Une scène vous choque ? Dites-le lui ! En réagissant, vous lui faites connaître vos valeurs personnelles.


 

7- Quand vient le temps d’acheter un jeu

Préférez les consoles de salon aux consoles portatives. Elles évitent d’isoler le joueur et favorisent le jeu collectif.

Choisissez des jeux qui correspondent aux goûts et au niveau de développement de votre enfant. Idéalement, essayez-les avant. Vérifiez la durée d’une partie, le nombre de niveaux, les habiletés valorisées (vitesse, déduction, compétition, violence, etc.).

Les jeux éducatifs doivent être attirants et comporter des défis amusants pour que l’enfant s’y intéresse pendant un moment. Les enfants plus jeunes aiment une certaine répétition, les plus vieux, des scénarios différents et variés.

Quant aux intérêts, certains jeux plaisent davantage selon le genre. Ils sont en quelque sorte une transposition des jeux « traditionnels » sur écran. Par exemple, les jeux de simulation de vie s’apparentent aux poupées et les jeux de combats, aux soldats de plombs et aux G.I. Joe. D’autres plaisent aux deux, comme La légende de Zelda, qui fait appel au fantastique. Certains jeux de société traditionnels sont aussi offerts en version électronique. Dans ce cas, ce n’est que le format qui change.

Évitez les jeux contenant de la violence gratuite. Un truc pour les repérer : voyez quel comportement est récompensé. Gagne-t-on des points en renversant des piétons sur son passage ou au contraire, cela coûte la partie ? Le jeu encourage l’agression sans aucune raison apparente ? À éviter !

Certaines consoles (Wii, Xbox, PS) permettent de bouger ou de faire des exercices tout en jouant. On peut aussi y jouer à plusieurs. Évidemment, cela ne remplacera jamais la pratique d’une activité physique et une sortie en plein-air ! Et n’oubliez pas : pour être en santé, un enfant de 6-10 ans a besoin de 60 minutes d’activité physique par jour.

 

Un dossier d’Isabelle Burgun et Claudia Morissette. Avec la collaboration de Francine Ferland, ergothérapeute, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et auteure de nombreux ouvrages, dont Le monde des jouets et des jeux – De 0 a 12 ans, CHU Saint-Justine Éditions, 2013.